Chasseur de belette sur le périph
Comme cela fait à peine six mois que je pratique la voiture dans Paris, je découvre petit à petit les us et coutumes de l'homo périphéricus, cet être étrange s'il en est.
Milieu de semaine, heure de pointe, au niveau de la porte Maillot sur le périphérique extérieur. Le bouchon qui s'étend sur plusieurs kilomètres me ferait sombrer dans une douce torpeur, s'il n'y avait sur la file voisine de ma petite voiture un conducteur de monospace un tantinet excité, qui tente d'engager une conversation mimée. Je dois avoir un pneu crevé, un pan de jupe coincé dans ma portière, que sais-je? Voilà l'animal qui me fait de grands gestes, en m'indiquant la prochaine sortie. Cela tombe bien, c'est la mienne, porte Dauphine. Je souris, bêtement, ne comprenant goutte à sa pantomime. Puis d'un coup, tout s'éclaire: le bon père de famille au sourire goguenard est tout bonnement en train de me proposer un rendez-vous du côté du bois de Boulogne! Indignée, je tente une esquive. Trop tard, nous voilà à la hauteur de la porte Dauphine. Avec de grands mouvements de tête, je lui signifie mon refus offusqué. Courtois, il me salue, avant de repartir chasser sur le périph. Et comme cela bouchonne toujours, nul doute qu'il aura débusqué une nouvelle belette, d'ici la porte de la Muette.