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Par Bénédicte REY
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PARIS, 13 déc 2006 (AFP) - Les salariés du Parisien, absent des kiosques ce mercredi pour cause de grève, s'opposent au projet de suppression des secrétaires de rédaction présenté par la direction, qui souhaite aussi renégocier les 35 heures, dans le but de réaliser 15 à 30% de gains de productivité.
Après avoir voté la grève mardi soir, le personnel du Parisien/Aujourd'hui en France (groupe Amaury) était mercredi dans l'attente d'une réaction de la direction. Les suites du mouvement restaient incertaines, une assemblée générale devant vraisemblablement être organisée en début de soirée.
Mardi, la direction a présenté en comité d'entreprise un projet de réorganisation, prévoyant la suppression des secrétaires de rédaction (SR), -- 55 salariés sur plus de 1.000 --, grâce à un nouvel outil informatique.
Les SR sont des journalistes chargés de relire et de corriger les articles rédigés par les journalistes rédacteurs, puis de les mettre en page.
Dans certains titres, et dans certains services du Parisien, ils sont également chargés de rédiger le titre, le sous-titre, le court texte de présentation de l'article -- le «chapeau» --, et de légender les photographies.
La direction, qui n'a pas chiffré les économies qu'elle comptait dégager de cette réorganisation, a estimé qu'il y avait actuellement «des dysfonctionnements et des lourdeurs» et que «90% du journal était mis en page à partir de seulement 5 gabarits (modèles de mise en page) différents», ont rapporté les syndicats.
La direction n'avait pu être directement contactée par l'AFP mercredi en milieu de journée.
«Les chefs de services et leurs adjoints devront assurer eux-mêmes le pré-maquettage et la réalisation de leurs pages, les rédacteurs et leurs photographes livreront textes et photos qui s'y insèreront», a indiqué une source syndicale.
D'ici 27 mois, les SR devraient être redéployés au sein du journal, dans l'encadrement ou en tant que rédacteurs.
«C'est une compétence historique des quotidiens qui, demain, va se diluer ou disparaître. Or, les SR ont un rôle éditorial essentiel, de relecture, d'enrichissement de la copie», a jugé ce responsable syndical.
«Cela va banaliser complètement le journal, la page 3 ressemblera parfaitement à la page 5. Les patrons de presse râlent parce que le lectorat s'en va, mais ils font aussi des journaux insipides et sans saveur», a renchéri Michel Buratto (FO).
Les syndicats soulignent que l'amplitude horaire des journalistes qui devront assurer cette fonction supplémentaire va sensiblement augmenter, et craignent que cette réorganisation ne soit le prélude, à terme, à des réductions d'effectifs.
Le Parisien/Aujourd'hui en France est un des rares quotidiens ayant réussi à sortir son épingle du jeu ces dernières années, avec une diffusion France payée de 502.689 exemplaires en 2005-2006.
Mais le groupe, qui veut réaliser 15 à 30% de gains de productivité, craint la concurrence de l'éditeur allemand Axel Springer, qui étudie de près le lancement en France d'un quotidien populaire à grand tirage.
La réorganisation de la rédaction s'inscrit ainsi dans un plan plus large, qui prévoit de transférer 10% des coûts de l'activité presse quotidienne vers les activités de développement, afin de faire du Parisien une entreprise «pluri-médias».
Dans ce cadre, la direction a annoncé sa volonté de créer un nouveau statut, moins avantageux, pour les futurs embauchés, et d'augmenter le temps de travail en renégociant l'accord sur les 35 heures.
Une réunion direction-syndicats sur le sujet doit avoir lieu vendredi.