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IL EST certains quartiers de Paris où s’aventurer au volant d’une voiture qui ne serait ni une grosse allemande, ni un tout-terrain dernier cri, ou encore un petit roadster décapoté tient de l’ultime faute de goût. Autant dire, du péché. J’habite dans l’un de ces quartiers. Et affiche un mauvais goût assumé : ma vieille voiture vert pomme, avec ses 165 000 kilomètres au compteur et sa porte avant gauche défoncée, fait tout bonnement tache au milieu de ces joyaux de l’industrie automobile. J’ai déjà vu certains regards méprisants toiser ma vieille guimbarde.
D’autant qu’elle est armée d’un attribut incongru, mais absolument redoutable : une boule. De celles auxquelles on accroche la caravane du 14 juillet au 15 août ou encore la remorque pour les travaux du week-end. En réalité, je ne suis ni une adepte du camping, ni vraiment un bricoleur du dimanche. Mais j’ai bien vite compris que dans ce quartier, où évidemment se garer au milieu des 4 x 4 tient de la gageure, cette boule serait ma meilleure alliée. Grâce à elle, plus aucun pare-chocs ne m’effraie. Plus une seule marche arrière ne se termine sans un craquement inquiétant. Plus un seul créneau ne m’échappe. En revanche, on ne compte plus le nombre de plaques d’immatriculation de voitures à plus de 30 000 € que ma boule a… déboulonnées. Autant dire un péché.