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par Patricia TOURANCHEAU
Libération, lundi 16 janvier
L'étrange visiteur qui s'est présenté mardi soir au Parisien pour récupérer l'entretien de Patrick Balkany sur la réconciliation de Nicolas et Cécilia Sarkozy n'était autre que «l'homme de confiance» des époux Balkany, à la fois factotum et garde du corps. La décision de le dépêcher au siège du quotidien à Saint-Ouen a été prise au cours de la cérémonie des voeux au conseil général des Hauts-de-Seine le même soir.
Député (UMP) de ce département, Balkany croyait rendre un fier service à son ami Sarkozy, et s'en est même vanté à la soirée des voeux : «Quand sa femme Isabelle et d'autres proches de Nicolas ont réalisé qu'il avait trop parlé, ils ont tiqué et le lui ont reproché : "Mais qu'est-ce qui t'a pris ?"» rapporte un participant. Le couple Balkany envoie alors son homme à tout faire au Parisien pour mettre la main sur l'entretien avant son impression. Il se présente comme «représentant du ministère de l'Intérieur», montre une carte tricolore, demande une copie de l'article. Refus. Il attend donc que le journal sorte de l'imprimerie, embarque un numéro et l'apporte à son patron au conseil général vers 1 heure.
Là, Balkany, «le cigare aux lèvres, a lu son interview à voix haute», ponctuant sa lecture de satisfecit : «Ah c'est tout à fait ça !» puis, relevant la tête, a découvert les mines atterrées de son entourage. Certains ont hésité à réveiller Sarkozy pour l'informer de «l'énorme connerie» de Balkany, qui a reçu le lendemain une «avoinée historique» du ministre.